En fait, quand nous cherchons à définir le bonheur, à philosopher et théoriser sur le sujet, nous pouvons difficilement le réduire à une description courte et simple. Le bonheur, vu par la raison, est rempli de nuances. Cependant, les réponses à la question deviennent très simples quand nous les cherchons dans nos expériences vécues. Il n'y a qu'à lire ci-contre les quelques exemples récoltés il y a quelques années auprès de mes enfants pour nous rappeler que le bonheur est accessible à toute heure du jour.

Le bonheur n'est pas l'absence de souffrance

Le bonheur est inaccessible si nous croyons que l'atteindre signifie vivre dans un monde idéal sans imperfection, sans douleur, sans souffrances. Cette conception n'existe que dans les contes de fées. De plus, il est illusoire de croire que le bonheur apparaîtra, comme par magie, après un moment d'inconfort ou une épreuve de vie. Finalement, croire qu'il serait présent si le passé avait été différent, c'est tenter de construire une vie sur quelque chose qui n'existe pas.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le bonheur peut cohabiter avec l'imperfection, l'inconfort et la souffrance parce que le bonheur ne se trouve pas dans un monde idéal, dans le futur ou dans le passé. Il est inatteignable quand nous le cherchons dans l'absolu, mais tout proche quand nous arrivons à vivre le moment présent en pleine conscience. Pour ce faire, un secret : ralentir.

Ralentir pour habiter le temps et goûter le bonheur au présent

Les actions, les dépassements de soi, les défis relevés sont très valorisés dans notre société, c'est bien connu. Même les questions spontanées qu'on pose ou qu'on se fait poser à la fin de notre journée en témoignent. « Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui? » « Qu'est-ce que tu as appris de nouveau aujourd'hui? »Bien rares sont ceux qui demandent : « Comment se sont passés tes moments d'arrêt aujourd'hui? » Cela semblerait même plutôt cocasse, n'est-ce pas? Alors, la plupart d'entre nous continuent de nous activer comme des fourmis. Ralentir n'est pas un mot à la mode. C'est bien dommage, car dans l'activisme nous perdons plusieurs cadeaux que nous offre la lenteur.

Avez-vous déjà remarqué que lorsque nous laissons une gorgée de vin ou une bouchée de chocolat rouler plus longtemps dans notre bouche pour en décupler la saveur et nous combler davantage de plaisir, nous éprouvons moins le besoin de manger ou boire en grande quantité? Cet exemple s'applique à toutes nos actions. Plus nous habitons le temps, moins nous avons besoin de nous étourdir dans l'action, parce que la pleine conscience du moment présent nous permet d'identifier nos véritables besoins et ce qui nous fait vraiment envie. Au lieu d'accomplir des gestes inutiles, nos actions deviennent alors plus justes et tellement plus satisfaisantes intérieurement. Nos minutes se remplissent plutôt que de s'écouler. Cette pleine conscience de soi semble déjouer la montre et augmenter le plaisir. Cependant, cette pleine conscience de l'instant ne se savoure que si nos sens sont en éveil et que notre cœur est ouvert.

Avoir nos sens en éveil et accepter de ressentir nos émotions ... lire la suite.