Trésor a grandi. L'affubler de l'adjectif «Petit» fait risquer à sa maman...
Peu avant le premier anniversaire de Petit Trésor, mon miroir m'a craché cette...
Plusieurs de mes copines ne veulent pas d'enfants. Mais est-ce vraiment une décision...
J'ai parfois l'impression d'évoluer dans un remake du film Le Jour de la marmotte. Vous vous...
crédit: Tristan Demers
Premier voyage sans bébé
Et moi qui croyais avoir aimé dans ma vie. Pourtant, jamais je n'ai ressenti de tels tressaillements à l'idée de quitter quelqu'un pour une semaine. Une toute petite semaine au soleil pour le boulot, qui m'apparaît un siècle quand je pense que je serai loin de ma fille...
Depuis le jour où j'ai reçu l'invitation à prendre part à ce voyage en Jamaïque, je ne cesse de tergiverser. Au-delà du bruit des vagues, j'entends la petite voix de Trésor traverser l'océan et se fendre en un cri déchirant : « Mamaaaan! » Je m'imagine coincée à quatre heures et demie de vol de l'être humain qui compte le plus pour moi, avec la seule envie de revenir pour le serrer dans mes bras. Pire : je vois projeter sur l'écran de mon imagination le film relatant l'histoire d'une mère disparue lors de l'écrasement d'un avion et de sa fille, qui aurait oublié son visage quelques années plus tard... De quoi devenir dingue. « Elle va te manquer vers la troisième journée et tu vas trouver le trajet de retour interminable, me prévient une copine. » « Moi, je n'aurais jamais pu partir quand mes enfants étaient si jeunes », me dit une autre. « Concentre-toi sur le moment présent et profite de chaque instant. Si j'étais toi, je n'hésiterais pas une seconde! » me lance une autre, mère de quatre enfants. Et si je n'arrive pas à en profiter, justement? Et si je deviens folle d'ennui? Y aller signifie m'exposer à un tourbillon d'émotions contradictoires. Refuser, c'est mettre de côté ma passion et peut-être le regretter. Verdict : il est temps pour moi d'affronter mes démons. Je partirai en regardant droit devant. *** Le Jour J. Me voici à l'aéroport. Toujours pas de crise de panique en vue. Je profite du fait que je n'ai pas besoin de donner le bon exemple (ni de me cacher!) pour m'acheter deux sacs de bonbons. Ça commence bien. Troisième jour. Je réalise que non seulement je ne suis pas en train de me morfondre, mais que j'apprécie le répit (et les cocktails!) que m'offre le voyage malgré son horaire chargé. Je me balade seule sur la plage de Negril avec un air béat, en savourant le fait de ne pas devoir constamment courir pour attraper ma petite tornade. Je parle aux étrangers, je m'écarte des sentiers battus et je me dis que j'ai bien de la chance de pouvoir voir du pays pour le travail. Mère ingrate? Lors de nos conversations sur Skype, c'est pourtant Trésor qui met fin à nos discussions! M'en veut-elle? Je pense plutôt qu'avec son père et sa grand-mère venue en renfort, elle n'a pas le temps de s'ennuyer. Qu'elle sait qu'elle n'a pas à s'inquiéter! Que je reviendrai! Au cinquième jour, je commence à ressentir de petits pincements au coeur quand je vois des enfants. J'aurais envie de rester dans ma bulle, alors que je voyage avec un groupe de journalistes. Pas de quoi vouloir sauter dans un avion cependant. Le trajet en taxi qui me ramène à la maison deux jours plus tard me paraît durer une éternité (ma copine avait raison sur ce point). La neige qui borde les routes me rappelle que Noël est dans quelques jours. J'ai quitté l'automne et je retrouve l'hiver. Sitôt le pas de la porte franchi, j'embrasse Chéri et me précipite dans la chambre de Trésor. Il est deux heures du matin. Ai-je été partie aussi longtemps? J'ai l'impression que ma fille a changée. À moins que ce ne soit moi? *** Je croyais avoir aimé dans ma vie. Je croyais me connaître, aussi. En caressant les boucles de Trésor, je me dis que j'ai encore beaucoup à apprendre. Et qu'elle est sûrement le meilleure des professeurs!
Depuis le jour où j'ai reçu l'invitation à prendre part à ce voyage en Jamaïque, je ne cesse de tergiverser. Au-delà du bruit des vagues, j'entends la petite voix de Trésor traverser l'océan et se fendre en un cri déchirant : « Mamaaaan! » Je m'imagine coincée à quatre heures et demie de vol de l'être humain qui compte le plus pour moi, avec la seule envie de revenir pour le serrer dans mes bras. Pire : je vois projeter sur l'écran de mon imagination le film relatant l'histoire d'une mère disparue lors de l'écrasement d'un avion et de sa fille, qui aurait oublié son visage quelques années plus tard... De quoi devenir dingue.
« Elle va te manquer vers la troisième journée et tu vas trouver le trajet de retour interminable, me prévient une copine. » « Moi, je n'aurais jamais pu partir quand mes enfants étaient si jeunes », me dit une autre. « Concentre-toi sur le moment présent et profite de chaque instant. Si j'étais toi, je n'hésiterais pas une seconde! » me lance une autre, mère de quatre enfants. Et si je n'arrive pas à en profiter, justement? Et si je deviens folle d'ennui? Y aller signifie m'exposer à un tourbillon d'émotions contradictoires. Refuser, c'est mettre de côté ma passion et peut-être le regretter.
Verdict : il est temps pour moi d'affronter mes démons. Je partirai en regardant droit devant.
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Le Jour J. Me voici à l'aéroport. Toujours pas de crise de panique en vue. Je profite du fait que je n'ai pas besoin de donner le bon exemple (ni de me cacher!) pour m'acheter deux sacs de bonbons. Ça commence bien.
Troisième jour. Je réalise que non seulement je ne suis pas en train de me morfondre, mais que j'apprécie le répit (et les cocktails!) que m'offre le voyage malgré son horaire chargé. Je me balade seule sur la plage de Negril avec un air béat, en savourant le fait de ne pas devoir constamment courir pour attraper ma petite tornade. Je parle aux étrangers, je m'écarte des sentiers battus et je me dis que j'ai bien de la chance de pouvoir voir du pays pour le travail. Mère ingrate? Lors de nos conversations sur Skype, c'est pourtant Trésor qui met fin à nos discussions! M'en veut-elle? Je pense plutôt qu'avec son père et sa grand-mère venue en renfort, elle n'a pas le temps de s'ennuyer. Qu'elle sait qu'elle n'a pas à s'inquiéter! Que je reviendrai!
Au cinquième jour, je commence à ressentir de petits pincements au coeur quand je vois des enfants. J'aurais envie de rester dans ma bulle, alors que je voyage avec un groupe de journalistes. Pas de quoi vouloir sauter dans un avion cependant.
Le trajet en taxi qui me ramène à la maison deux jours plus tard me paraît durer une éternité (ma copine avait raison sur ce point). La neige qui borde les routes me rappelle que Noël est dans quelques jours. J'ai quitté l'automne et je retrouve l'hiver.
Sitôt le pas de la porte franchi, j'embrasse Chéri et me précipite dans la chambre de Trésor. Il est deux heures du matin. Ai-je été partie aussi longtemps? J'ai l'impression que ma fille a changée. À moins que ce ne soit moi?
Je croyais avoir aimé dans ma vie. Je croyais me connaître, aussi. En caressant les boucles de Trésor, je me dis que j'ai encore beaucoup à apprendre. Et qu'elle est sûrement le meilleure des professeurs!